Libérer sa puissance dans la vulnérabilité

L’archétype du conquérant/guerrier nous emmène sur un chemin où l’homme, dans la société, est considéré homme et validé comme tel par ses pairs à travers sa puissance physique. Les supers-héros de l’enfance en sont un bel exemple, que tout le monde connaît. C’est souvent la virilité (de vir en latin, homme), dans l’expression du muscle voire dans son exacerbation – il faut donner à voir, s’afficher ainsi – qui véhicule l’image type de l’homme/mâle.

 

Mais de l’armure/cuirasse à la carapace, il n’y a qu’un pas. À quoi renvoie cette protection ? Qu’y a-t-il à dévoiler derrière les apparences d’invincibilité ? Le cœur, la tendresse, la sensibilité, la fragilité émotionnelle, le besoin d’être compris/aimé/rassuré ? Des peurs ? De n’oser être tel que je suis, conditionné par les schémas reçus de l’éducation et les héritages socio-culturels ?

 

De nos jours, certains hommes ressentent le besoin de se recréer, ils se cherchent, dans leur authenticité d’homme ouvrant une fenêtre timide sur la part de féminin qui réside en chacun d’eux. Une part de féminin qui autorise à déposer les armes, à baisser la garde, à fendre l’armure pour se dévoiler avec douceur et bienveillance dans ses doutes, ses peurs, ses émotions fortes, ses faiblesses, sans craindre d’être jugé ; une part de féminin qui autorise l’intériorité et la lenteur, pour aller visiter ce qui en soi est blessé.

 

Car c’est au cœur de la vulnérabilité que s’exprime toute la puissance de l’être, loin de toute brutalité. C’est en allant toucher au fond, là où souvent ça dérange, que les transformations lumineuses s’opèrent et que cœur et courage – qui ont la même origine sémantique - se relient enfin avec sens.