POURQUOI JE NE ME CONSIDÈRE PAS COMME UNE PROFESSIONNELLE DU BIEN-ÊTRE

POURQUOI JE NE ME CONSIDÈRE PAS COMME UNE PROFESSIONNELLE DU BIEN-ÊTRE ?

 

C’est probablement mon côté anti-conformiste et rebelle, prompt à sortir de ce qui est convenu et communément admis, qui me conduit à cette constatation : je ne me considère pas comme une professionnelle du bien-être. J’ai toujours détesté être classée dans des cases, réduite à une étiquette, ou suivre une mode, et adhérer au sens commun, au confort du connu ne répond pas à mon besoin de créer, qui passe par une déconstruction systématique de ce qui est en place dans la société. Me conformer, moi ? C’est impossible !

 

Alors oui, cela demande de la force, du courage, de la persévérance, pour croire en mes valeurs, en ce que je vois, perçois, pressens, ressens, et beaucoup de patience et de délicatesse pour amener les êtres en chemin à « se libérer du connu » (Khrisnamurti) et explorer d’autres possibles, avec confiance. Et s’il suffisait simplement d’être curieux, finalement, pour oser l’aventure intérieure ? De vivre les découvertes avec joie et conscience, même quand cela perturbe, nous met en colère ou nous fait pleurer ?

 

Ce que je n’aime pas dans cette étiquette « bien-être », et ce qui ne me convient pas avant tout, c’est la surface. L’idée de poser un pansement, voire une rustine, qui donnerait l’impression que je suis guérie et que j’ai résolu mes problèmes. Bien sûr, pacifier en urgence ce qui est à vif est souvent nécessaire et un préalable indispensable avant tout travail approfondi. Mais rester dans le déni que cela suffit, par peur d’aller visiter les profondeurs de notre âme, est un leurre.

 

Plonger vraiment et profondément en nous-même suppose d’être prêt pour cela. Chacun son rythme, chacun son fonctionnement, chacun sa voie, évidemment, car il n’y en a pas qu’une. Le tout est d’être conscient de ce que nous choisissons comme voie pour nous-même : continuer à faire semblant que tout va bien en mettant des pansements, se contenter d’être détendu-e ? Ou prendre à bras le corps notre responsabilité individuelle pour changer le cours des choses, et mettre davantage de conscience dans notre continuum corps-esprit ?

 

La surface. C’est bien ce qui me dérange et ne me convient pas dans ce terme, « bien-être ». Il a été tellement vulgarisé et mis à toutes les sauces qu’il en a perdu son sens (sa signification, car chacun y met ce qu’il veut, c’est un terme fourre-tout ; et sa direction : sais-je où je vais vraiment quand je choisis de porter le masque rassurant du bien-être – que je sois professionnel-le ou client/patient ?).

 

La surface. J’ai du mal à rester complaisante à l’égard de la surface. La surface nous laisse mijoter dans nos croyances égotiques et mentales. C’est ce qui enrobe tout le reste avec la saveur d’un bonbon rose. C’est un palliatif. Une illusion de soulagement en raison de son côté temporaire, éphémère, même si, encore une fois, il est souvent nécessaire d’en passer par là pour apaiser dans un premier temps ce qui est devenu insupportable… Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que le corps nous montre ses limites et ne nous laisse plus aucune alternative ? Quel asservissement choisissons-nous là ?

La profondeur, le centre, le cœur, quant à eux, nous amènent à expérimenter vraiment, et donc à vivre, totalement ! Tout circule, s’aère, se fluidifie, se transmute !

 

En réalité, je ne cherche pas à opposer la surface à la profondeur, à exclure l’une au profit de l’autre. Ce que j’ai envie de dire ici, c’est que pour se sentir pleinement vivant – ça veut dire oser le mouvement et incarner totalement l’impermanence –  les deux ont besoin de nourrir leurs interactions : si je reste à la surface, dans le déni de la profondeur et de ce qui se joue en mon centre, je me ferme à une part essentielle de mon être et je ne vis pas vraiment, je reste à côté de moi-même ; mais si je plonge dans mes profondeurs, alors je ne peux ignorer la surface, et cette croûte terrestre autrefois peut-être rigide et impénétrable, s’assouplit et respire par ses pores la joie d’être vivant. Si je plonge dans mes profondeurs, j’accède à mon centre, à mon cœur, à ma vulnérabilité, et je consolide mon être en lui offrant de vraies fondations pour mieux vivre la surface. C’est là que réside ma puissance. C’est là que se niche ma conscience.

Écrire commentaire

Commentaires: 0