ASTROLOGIE - L'ANNÉE DU CHEVAL DE FEU

Le 18 février prochain, nous entrerons dans l’année du cheval de feu. Ce jour marquera Losar, le nouvel an tibétain (lo = année et gsar = nouveau).

 

La combinaison animal-élément s’inscrit dans un cycle de 60 ans. Ainsi, la dernière fois que le cheval de feu s’est manifesté remonte à l’année 1966. C’est une année particulière, placée sous le signe de l’ardeur, des passions, de la vivacité… et de la transformation. Cette potentialité est accentuée par la présence forte du feu et la symbolique du cheval qui balaye les obstacles et purifie. En effet, le cheval est déjà un signe feu par nature. Sur la tortue cosmique, référence absolue de tout bon astrologue tibétain pour les calculs, le cheval se situe au sud, à la tête de la tortue. Le sud, c’est le soleil à son zénith, donc la chaleur, le feu. Par nature donc, le cheval est feu. Il incarne la fougue, la célérité, l’ardeur, la passion, la joie, la vivacité, et également la transformation par purification, clarification, révélation en lien avec les rêves (que le feu rend plus lucides et colorés) et la conscience manifestée. Il crée des mouvements intérieurs et extérieurs propices aux changements et aux initiatives. Son rayonnement est puissant. Assurément, le cheval est un animal initiatique, en ce sens qu’il nous amène à vivre un nouveau commencement.

 

En plus de cela, la polarité du cheval est masculine, ce qui l’investit d’une force d’action, d’expansion et de croissance.

 

Ainsi la nature feu du cheval, sa polarité masculine et son association cette année à l’élément feu, qui de fait prend aussi la polarité masculine, condensent en lui seul une force particulièrement ardente et vive. Dénommé Parabhava en sanskrit et Zil nön en tibétain, il est littéralement « l’éclat qui subjugue ».

 

Nous allons donc quitter le serpent de bois, animal feu lui aussi, qui était associé à l’élément bois de l’année. De polarité féminine, le serpent de bois nous conviait à une mue qui se faisait dans la réceptivité plus souterraine des éléments de l’univers, dans un abandon confiant au « laisser advenir » (le « geschehen lassen » de Jung). De manière plus explicite, nous glissons d’un mouvement intérieur de gestation à un mouvement de réalisation vers l’extérieur – à un rayonnement en somme. Nous passons de « Ça œuvre en moi » à « J’œuvre ». Le cheval de feu ouvre la possibilité d’une appropriation du « Je » : ce qui se transforme en moi depuis l’année écoulée est amené à s’intégrer pleinement en moi-même, à s’orienter avec sens, à structurer mes pas et définir ma direction, à prendre chair vraiment pour que je devienne qui je suis, au plus près de ma vérité et que cet éclat retentisse avec une présence juste, dans la sincérité et la pureté du cœur. Autrement dit, qu’allons-nous forger ? Que va nous permettre de reconnaître la conscience en nous-même pour nourrir notre feu créateur et en activer, par nos choix éclairés et porteurs de sens, son potentiel de réalisation ?

 

Mais allons encore plus loin. Le signe du cheval, gouverné par le Soleil et Mars, nous invite à conjuguer clairvoyance, brillance, rayonnement et célérité pour bâtir l’humanité du deuxième feu[1] : l’action radicale et tranchée de Mars est appelée à s’inscrire au service de la paix et non de la guerre, en se joignant à la sagesse du Soleil. Ce sont sans doute là les enjeux majeurs dans un monde à plusieurs vitesses : devenir les maîtres de notre feu intérieur pour laisser advenir un monde de paix en ces temps de transition profonde. Il nous est possible de nourrir intérieurement un feu d’amour ardent sur le plan individuel en communion de cœur avec d’autres pour que cela rayonne vers le collectif et contribue à la résorption de ce qui se trame en termes de violence dans le monde au-delà de notre volonté personnelle. Là où certains mettent le feu aux poudres et versent le sang, nous pouvons nourrir un puissant espace d’action alimenté par la source intarissable du cœur, pour inonder le monde d’amour et agir pour la paix. L’humanité du deuxième feu est appelée à délaisser la guerre du feu pour rayonner l’amour. Pour que le cœur soit un brasier d’amour ardent, un feu de sagesse et de félicité au service de la vie et de la paix en nous-même et entre les peuples. L’actualité politique mondiale flambe. C’est une réalité que nous ne pouvons occulter : les conflits armés, la menace nucléaire, les conquêtes impérialistes, les révoltes sanglantes, les incendies de diverses natures sont bien là. Mais sur le plan individuel, nous pouvons agir et créer, par nos cœurs rassemblés, une vague d’amour collective et incarner avec conviction l’amour que nous voulons voir dans le monde. En ces temps de profonde transition, où les apocalypses côtoient les balbutiements d’un renouveau, nous sommes appelés à plus de conscience, de présence et de cœur.

 

L'année qui s'annonce sera donc exigeante et demandera un grand alignement corps-coeur-esprit. Les excès guettent sur le plan collectif :  conflits, violence et destruction engendrés par une ambition dévorante, un ego qui flambe, la colère, la haine… Et ils guettent aussi sur le plan personnel : colère, orgueil, rancœurs, déséquilibres de nature chaude touchant le foie, la bile, le sang, générant des états inflammatoires ou fébriles, des céphalées... Alors, pour cultiver ce feu ardent avec sagesse et tempérance et contrebalancer ces excès, certains rituels faisant appel au cheval qui balaye les négativités et élimine les obstacles seront particulièrement appropriés et bénéfiques tels que :

🤍 celui du protecteur Shanglon ;

🤍 ou le mantra de Hayagriva qui est l'aspect courroucé de Sangye Menla, le Bouddha de médecine.

De même, certaines thérapies d'apaisement et de régénération pourront être indiquées comme :

🤍 le massage du bLa qui clarifie l'esprit et soutient les énergies de transformation en ravivant notre feu intérieur d'élan et de joie ;

🤍 le massage tsa-nye qui nettoie les canaux grâce aux vertus de la nacre, élimine les toxines et les vieilles mémoires, apaise le système nerveux et les excès de feu, régénère les cellules ;

🤍 le hor me qui par son apport de chaleur douce et d’épices régule les désordres causés par Rlung - l'humeur vent - desquels découlent certains désordres du feu ;

🤍 bumpachen, la respiration du vase de feu qui régule la chaleur métabolique, clarifie le corps et l’esprit, colore les rêves ;

🤍 les mouvements doux du yoga Nejang, le yoga médicinal tibétain qui détoxifie, équilibre les 3 humeurs et les 5 éléments pour harmoniser le corps, le cœur et l’esprit et cheminer vers la paix, la joie et l’amour ;

🤍 Enfin, vous pourrez aussi suspendre des drapeaux de prière sur lequel figure le Lungta, le cheval du Souffle. En astrologie tibétaine, le Lungta représente la chance potentialisée par des rituels de protection et des mantras dont le souffle et la vibration sont source de création et de transformation.

 

[1] Lire L’urgence d’aimer de Sofia Stril-Rever, sanskritiste et biographe du Dalaï-Lama 

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